|
|
| jeudi 2 janvier 2003, 14h08 |
Dans ses locaux du 9ème arrondissement, où s'entassent pèle-même documentation et dossiers de financement sur des ordinateurs un peu vieillots, Didier Salwa n'a pas le costume du financier classique. En pull et jeans, la tignasse rebelle, il maîtrise cependant parfaitement le vocabulaire et les mécanismes boursiers. Pour cause, il a fondé avec son père Jean Salwa le réseau associatif de financement de PME «Love Money pour l'emploi». Mais à la différence de leurs collègues capitaux risqueurs qui officient au sein de banques d'affaires, son combat se situe sur le terrain idéologique. «L'économie solidaire» explique le financier, «consiste à intervenir dans des secteurs bénéfiques au plus grand nombre et non à quelques intérêts particuliers». Alors s'intéresser au bio, c'est presque un devoir pour les Salwa. «Imaginez que les ours polaires ont fixé dans leur graisse des métaux lourds et que ceux-ci proviennent de la contamination du plancton par les grands groupes industriels de la côte québéquoise» s'insurge le père, toujours président bénévole de la fédération des associations Love Money pour l'emploi. «Ce plancton est ingurgité par les poissons, mangés à leur tour par les phoques, enfin avalés par les ours. Au passage, l'Homme mange aussi du poisson». Investir dans un secteur industriel susceptible de préserver une nature déjà soumise à rude épreuve est donc un défi prioritaire pour ces fervents de l'économie solidaire. Des projets équilibrés Et les Salwa ont déjà repéré quelques projets prometteurs. Comme cette PME ayant breveté un procédé grâce auquel il devient possible de neutraliser les métaux lourds d'un sol déjà contaminé. Ou comme cette future chaîne de fast food bio gérée par un jeune entrepreneur aux méthodes pour le moins efficaces. «Des projets qui peuvent rapporter rapidement et se développer de manière durable» souligne le fils Salwa, qui en bon financier rappelle qu'un bon projet est certes bénéfique à la collectivité mais également rentable. «Le but n'est pas de créer une bulle artificielle comme ce fût le cas dans la nouvelle économie en 2000, mais plus de miser sur des tendances de fond tout en développant des projets solidaires» affirme t-il. «Il ne s'agit pas de gagner des millions en quelques semaines, mais plus de faire fructifier des entreprises de manière régulière, année après année». Et pour lui, le bio n'a que très peu de spécificités entreprenariales. «L'important, comme dans tous les secteurs, c'est d'avoir à la tête de la structure une personne qui a envie de la développer et de la rendre liquide, afin que les actions puissent s'échanger». Donc si les marchés bio prennent une place de plus en plus importante au coeur des villes et la demande est en augmentation constante, Didier Salwa n'entend pas surfer sur la vague de la mode. «Là encore, si les gens veulent investir, nous leur conseillons de soutenir des projets de proximité. Des projets dont-ils peuvent connaître personnellement les porteurs et les suivre au jour le jour. Car l'entreprise, c'est avant tout une affaire d'homme». Sur ce point, mais c'est sans doute le seul, Didier Salwa rejoint l'analyse de ses collègues capitaux risqueurs de l'économie «non solidaire». Philippe Blanchard ©Digipresse 2003
|
Catégorie > Vidéo
|
|
|
| Suggestions ou
critiques sur ce service Copyright © 2003 Yahoo! Inc. Tous droits réservés. Yahoo! Données personnelles - Conditions d'utilisation Copyright © 2003 Digipresse. Tous droits réservés. La reproduction ou la distribution de ces écrans sans l'accord express de Digipresse est rigoureusement interdite. |