Repreneur
Juillet/Août 1998
Champions de la Love Money
Repreneur : Pourquoi ces associations "love Money" ?  
Didier Salwa : Nous cherchons à regrouper des personnes souhaitant éviter que des projets, potentiellement créateurs d'emplois et de richesses, disparaissent faute de moyens. ll s'agit donc d'apporter des fonds, des compétences voire simplement du temps. Actuellement il existe une petite dizaine d'associations chapeautées par une fédération.  

Repreneur : Qui adhère ?  
Didier Salwa : Des gens d'horizons très différents (salariés, retraités, chômeurs étudiants). Ils ont des compétences variées (juridiques, comptables, techniques etc.) qu'ils souhaitent transmettre tout en acquérant de nouvelles connaissances. Bien sûr, nombre d'entre eux sont prêts à investir mais il ne s'agit pas seulement d'argent.  

Repreneur : Ne détournez-vous pas l'expression "love money" de son sens premier, à savoir l'argent des proches apporté par amour ?  
Didier Salwa : Oui, si l'amour joue, c'est pour le projet auquel nous croyons. Si nous imaginons une représentation graphique des investisseurs privés potentiels sous forme d'une cible dont l'entreprise est le cœur, les associations "Love money" forment le cinquième cercle. Le premier comprend la famille et les amis. Le second regroupe les voisins, qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises. Le troisième englobe l'environnement professionnel de l'entreprise (salariés, clients, fournisseurs) . Le quatrième est constitué par l'environnement économique local à savoir les CCI, les sociétés de capital-risque, les sociétés de développement régional etc.

Spécialistes de l'introduction d'entreprises sur le marché libre OTC, Didier Salwa et son père, Jean,  multiplient les associations pour aider financièrement   et techniquement des PME de qualité.

Mais notre intervention peut faire réagir des cercles plus proches de la cible qui ne se sont pas manifestés. En effet, en retenant un projet nous le validons et cela peut intéresser d'autres investisseurs qui ne peuvent, pour des raisons techniques ou de temps, étudier le dossier. 

Repreneur : Quels types de projets soutenez-vous ?   
Didier Salwa : Nous cherchons des chefs d'entreprises, des créateurs, des repreneurs qui ont un projet porteur et de l'ambition. Mais il faut qu'ils acceptent, afin de se développer rapidement, outre l'apport de capitaux, de voir des compétences se greffer sur leur entreprise. Car l'objectif est, à terme, d'introduire l'entreprise en Bourse.  
"Love money" se veut un marchepied pour accéder au marché libre OTC (qui remplace le marché Hors Cote, ndlr.), celui ci servant à son tour de tremplin pour entrer au Nouveau ou au Second Marché. Ainsi les adhérents peuvent récupérer leur mise et réaliser une plus-value, prix de leur prise de risque. 

Repreneur : Que doit faire un porteur de projet pour obtenir des capitaux ?  
Didier Salwa : Avant tout adhérer personnellement à une association "Love money" pour bien en saisir la philosophie. Ensuite l'entreprise ou la holding de reprise doit prendre le statut juridique de société anonyme et mettre en place un pacte de respect des actionnaires, appelé "pacte love money".  
Il ne s'agit pas d'un simple "business plan" car ce type de document n'est pas toujours très compréhensible pour un public peu averti. Le pacte est réalisé sur le modèle d'une note COB (Commission des opérations de bourse). L'entreprise s'engage à apporter des informations aux actionnaires selon une certaine fréquence, à mettre en place en attendant son introduction en Bourse un micro-marché d'actions, interne à l'entreprise, exclusivement réservé aux actionnaires pour permettre à ceux qui le désirent de se désengager.   
En outre nous conseillons de préciser un certain nombre de points dans les statuts de la SA comme un droit d'agrément pour la vente des titres. 

Repreneur : Qui choisit les projets ?  
Didier Salwa: C'est une décision collégiale des adhérents de l'association à laquelle s'ajoute un avis de la fédération.  

Repreneur : Les investissement se font-ils en direct ?  
Didier Salwa : Oui, car l'association est seulement un lieu d'échange de connaissances, un lieu de rencontre. Elle n'est pas considérée comme un intermédiaire. Les particuliers qui investissent dans des projets peuvent donc bénéficier des avantages "Madelin" .  

Repreneur : Que se passe-t-il si une association ne respecte pas h déontologie "Love money" ?   
Didier Salwa: La fédération vérifie le respect des règles et peut, le cas échéant, sanctionner voire provoquer la dissolution d'une association.  

Repreneur : Et si un chef d'entreprise ne respecte pas les droits des minoritaires ? 
Didier Salwa: Nous sommes prêts à nous porter partie civile avec les membres de l'association.  

Repreneur : Actuellement où en êtes-vous ?   
Didier Salwa : Nous avons levé 500 kF pour un projet de création et les associations étudient une quinzaine de projets intéressants après avoir épluché une pile de dossiers puisque nous ne retenons qu'un projet sur trente.

Pierre BREUIL


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Le Revenu
5 juin 1998

Votre épargne peut créer des emplois

Air Qualité : premier bébé  d'une association locale 

Air Qualité, c'est une belle histoire de voisinage. Roman Prochazka a réussi à créer sa société grâce à sa famille et à des amis, mais surtout avec l'aide de quelques voisins de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). Ceux-là, il ne les connaissait même pas avant qu'ils soient ses actionnaires. C'est là que se greffe une autre histoire, celle de Love Money, une association locale lancée il y a un an par Didier Salwa. Cocréateur avec son père, Jean Salwa, d'une société de conseil en ingénierie financière, CiiB, Didier Salwa a payé de sa personne pour que Love Money existe. Il a distribué des centaines de tracts dans le restaurant interentreprises de la zone industrielle et sur les marchés de Neuilly-sur-Marne avant de présenter son projet d'association à la chambre de commerce et d'industrie de Bobigny. Résultat : si «la première réunion de Love Money n'a accueilli que six personnes», se rappelle Didier Salwa, aujourd'hui, l'association compte 80 adhérents et un premier projet abouti : Air Qualité. 
La société, qui vient à peine d'être immatriculée, exploitera une technique américaine de nettoyage des conduits de climatisation dans les bureaux, les usines et les transports. Elle ne part pas de zéro.  
Son créateur, Roman Prochazka, avait déjà à son actif une société à responsabilité limitée (SARL) qui avait bien démarré quand il en claque la porte s'étant fâché avec son associé. 

C'est là que Love Money intervient. Didier Salwa réussit à convaincre Roman Prochazka de tenter à nouveau l'aventure, mais cette fois avec une société anonyme bien capitalisée grâce à l'épargne de proximité. L'entrepreneur rencontre alors plusieurs de ses futurs actionnaires dans des réunions mensuelles de Love Money en 1997. Ceux qui s'y retrouvent ont en commun une préoccupation : favoriser l'emploi. Les adhérents les plus actifs (souvent des préretraités ou de «jeunes» retraités) ont aussi envie de donner un coup de main aux créateurs d'entreprise. Avant d'être présenté aux membres de l'association, le projet Air Qualité est soigneusement préparé. Didier Salwa, et Roman Prochazka rédigent une note d'information, calquée sur le document que la Commission des opérations de Bourse (COB) exige pour les sociétés qui s'introduisent sur un marché réglementé. Succès : sur les 75 actionnaires qui apportent 500.000 francs à Air Qualité, 25 sont des adhérents de Love Money. Les autres sont des relations de Roman Prochazka. Tous les actionnaires peuvent bénéficier de réduction d'impôts au titre de leur investissement (voir p. 46). Huit membres de Love Money décident même d'épauler l'entrepreneur pendant la mise en route de la société. L'un d'eux est chargé de l'information trimestrielle des actionnaires, car Didier Salwa est très pointilleux sur la protection des minoritaires. 
Les interventions de ce petit club informel ne sont pas rémunérées. Pour l'instant. Plus tard, ses membres pourront acheter des bons de souscription d'actions à un prix préférentiel.
 
ROMAN PROCHAZKA, 47 ans, fondateur d'Air Qualité, pendant une récente réunion des adhérents de l'association Love Money de Neuilly-sur-Marne.  

Si Air Qualité réussit, ils pourront souscrire les actions attachées à ces bons et les revendre à de nouveaux actionnaires ou à l'occasion d'une introduction en Bourse. Pour Didier Salwa, la réussite d'Air Qualité est un enjeu important. Au sein de la société CiiB, lui et son père avaient organisé une «bourse» des sociétés non cotées.  Sans succès. La formule de Love Money collerait mieux aux attentes des épargnants, si l'on en croit l'accueil reçu par Air Qualité au sein de l'association.                B. J.


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Midi Libre
Jeudi 24 avril 1998
MONTPELLIER : Naissance d'une association originale
Irriguer l'entreprise par l'épargne
Récemment créée à Montpellier, 
"Love Money" tente 
de favoriser l'emploi 
par l'épargne  
• Le concept s'inspire des financements des entreprises qui existent dans la Silicon Valley aux Etats Unis : développer des petites et moyennes entreprises grâce à des collectes de fonds d'épargne.    
Cette démarche a été lancée en région parisienne voici un an par Jean Salwa, patron d'une société (CIIB) spécialisée dans les introductions boursières. L'homme a créé une association sous le nom de "Love money". Non pas par amour immodéré de l'argent : «L'expression doit être prise dans le sens d'argent affectif apporté vers celui ou
ceux que l'on aime bien ou que l'on estime;    
la seule expression équivalente pouvant être utilisée en français serait "affectio societatis" » précise le concepteur. "Love Money" a rapidement essaimé : huit antennes en région dont une ouverte depuis peu à Montpellier par Jocelyn Notta, ex-agent de change reconverti dans l'informatique médicale.    
Ce dernier assure que l'activité de "Love Money" est complètement bénévole, l'association étant ouverte à tous (les porteurs de projets et ceux qui souhaitent les financer) moyennant une cotisation modeste (20 F pour les chômeurs et étudiants, 50 F pour les salariés, retraités, commerçants, 200 F pour les sociétés, administrations, organismes financiers, associations...).
«Nous partons d'un principe simple " explique Jocelyn Notta, «nous avons remarqué que lors des introductions en bourse, la majorité de l'actionnariat provient de la région où se situe l'entreprise. C'est sur cet "esprit de clocher" que nous basons notre action ».    
Les sociétés que "Love Money" souhaite créer ou développer sont forcément plus modestes que celles de la bourse. La participation des épargnants aussi. Mais ces sociétés doivent répondre aux critères de transparence qu'exige la COB, « une garantie pour nos investisseurs ».    
Quatre projets sont à l'étude sur Montpellier. Ils seront présentés en même temps que l'association le 27 avril (18 h) au 770 rue Alfred-Nobel, au Millénaire..  
 
 

Jocelyn Notta : "S'appuyer sur l'esprit de clocher".  

Rens. : 04 67 22 77 30. 


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LE FIGARO économie
Jeudi 23 avril 1998 EMPLOI  
 
Amour et Bourse au service des entreprises La Fédération Love Money développe depuis un an l’épargne de proximité. Son objectif : l’aide à la création d’entreprises et à leur introduction en Bourse.
LoveMoney, une solution à l'emploi ? Contrairement à ce que pourrait évoquer ce concept, venu des Étas-Unis où il a permis de créer 5 millions d'emplois depuis 1990, LoveMoney ne prône pas une relance de l'amour tarifé, mais, plus prosaïquement, une nouvelle forme d'épargne.  "LoveMoney exprime l'acte d'apporter de l'épargne de proximité et une aide affective et amicale a un créateur d 'entreprise", précise Jean Salva, fondateur de la fédération". 
Lancé il y a moins d'un an, le mouvement compte à ce jour quelque 600 adhérents au sein d'une dizaine d'associations locales, embryon d'un réseau qui devrait, à terme, couvrir tous les départements. Plus qu'un club d'investisseurs et différent des Business Angels, LoveMoney se veut porteur d'un nouvel esprit d'entreprise.  
L’idée en France est née de
l'expérience de Jean Salva, ancien agent de change, militant syndical, puis chef d'entreprise. Au cours de sa carrière, ce jeune retraité de 64 ans a procédé à 54 introductions en Bourse, principalement de petites sociétés, avec un taux de réussite dépassant 80 %. « Aux États-Unis, un quart des créateurs d'entreprise espère un jour entrer en Bourse. En France, peut-être un sur cent mille. Or l'emploi, c'est aussi une question d'ambition", souligne Jean Salva. 

     Abattement fiscal 

De ce constat découle le fonctionnement de LoveMoney. "Le porteur de projet a souvent du mal a rassembler les 50 000 francs nécessaires pour une SARL, alors qu'il faudrait en fait 250 000 francs pour donner

sa chance au projet », poursuit l'ancien agent de change. De fait, une étude récente montrait que 53% des entrepreneurs avaient investi moins de 50 000 francs et seulement 24 % plus de 100 000 francs, d'où un manque récurrent de fonds propres. La solution ? Selon LoveMoney, elle réside dans la création de sociétés anonymes. L'association s'appuie notamment sur la loi Madelin qui accorde aux particuliers un abattement de 25 % par an sur les sommes investies dans une PME non cotée en Bourse.  
Concrètement, chaque association se réunit une ou deux fois par mois. Des entrepreneurs en herbe exposent les grandes lignes de leur projet. Des volontaires qui siègent dans une commission spéciale vont se plonger dans le dossier, étudier sa viabilité, souvent l'affiner, voire le réorienter.
Un porte-parole présente des rapports d'étapes lors des réunions plénières. «La maîtrise des techniques financières et boursières est le préalable de toute analyse sérieuse d'un dossier. LoveMoney joue, à cet égard, un rôle de pédagogie », précise Jean Salva. 
Les projets sont évidemment très divers. A Paris, la semaine dernière, ont ainsi été évoqués un dossier sur une entreprise de parapsychologie, une société de recherche scientifique moléculaire et un nouveau concept de distribution. L'association s'apprête à fêter début mai le lancement


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L'Entreprise
Mars 1998  
Les croisés du financement des entreprises
Les trois quarts des entreprises qui se créent démarrent avec l'argent de la famille, des proches, des collègues... Aux Etats-Unis, on appelle ce complément de départ love money. Son ressort fait davantage appel à la solidarité qu'à l'espoir de rentabilité. Plus love que money...  
Jean Salwa, 63 ans, un ancien intermédiaire boursier qui s'était fait une spécialité de l'introduction d'entreprises sur le hors-cote, et Didier, son fils, se sont emparés du mot pour créer leurs associations Love Money. Ils sillonnent la France pour inciter l'épargne de proximité des particuliers à s'investir dans des PME qui se créent ou renforcent leurs fonds
propres. Titre de gloire : à Troyes, ils ont loué un local dans une rue piétonne et fait appel public à l'épargne (avec l'agrément de la COB) pour sauver une entreprise en difficulté. Ils ont vendu pour 600.000 francs d'actions et recueilli 2 millions de francs de promesses.  

Solidaires mais pas désinteressés. Depuis, Jean et Didier Salwa ont suscité la création de plusieurs associations (Paris, Neuilly-sur-Marne, Saint-Germain-en-Laye, Poitiers, etc.). Ils opèrent la sélection des entreprises dans des réunions publiques, où les projets sont présentés devant les épargnants.

Le créateur doit respecter d'importants engagements, comme l'obligation d'être en SA : « Pour garantir la fiabilité du bilan grâce au commissaire aux comptes ", explique Didier Salwa. Et bien sûr offrir de réelles perspectives de développement. Il doit également s'engager à entrer en Bourse dans les cinq ans ou dès qu'il en aura la taille, à organiser un marché interne d'actions, etc. Car l'épargne individuelle des associés Love Money veut bien être solidaire mais elle, n'est pas désintéressée.  
Plus money que love ? 
 
 


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